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Le futur Président de la République, ou la future Présidente s’il y a des candidates, ne correspondra peut-être pas aux espoirs de certains non pas parce qu’il ne s'agira pas d'un des favoris mais parce que son comportement ne sera sans doute pas celui qu’attendent ceux et celles qui l’auront élu(e). En effet ce nouveau Président ne pourra peut-être pas « gouverner » car il n’aura peut-être pas de majorité absolue ou même de majorité relative. Sous la 5ème République il y a toujours eu, jusqu’en juin 2022, des majorités absolues, y compris pendant les périodes de cohabitation, mais il semblerait que cette tradition ne soit plus d’actualité depuis qu’il y a désormais 3 grands blocs (la gauche, le centre et la droite modérée et l’extrême droite) au lieu de 2. Dans ces conditions il est possible que le futur Président, s’il n’a pas de majorité à l’Assemblée, fasse un peu de la « figuration » et que les gouvernements qui seront formés ne correspondent pas forcément à sa sensibilité politique. Un peu comme aujourd’hui en fonction de l’importance des forces en présence il sera peut-être difficile de désigner un Premier ministre qui ne puisse pas être immédiatement renversé. Ceci pour dire que la future élection présidentielle si elle n’est pas suivie d’une majorité absolue aux législatives n’aura une importance que très relative ce qui, malgré les inconvénients, pourrait réjouir un certain nombre de personnes si le nouveau Président élu était issu d’un parti extrême et qu’il ne pouvait pas appliquer son programme.
Ceci étant dit, comme si cette possibilité n’existait pas dès le lendemain du second tour des municipales de nombreux partis se sont inquiétés du fait qu’il fallait absolument désigner un candidat unique pour 2027 et ce d’autant plus que selon les sondages il ne reste plus qu’une place de disponible pour le second tour, le RN étant assuré de se qualifier. Et donc tout le monde s’est agité, L F I qui a proposé de présenter un candidat unique aux écologistes et au P C, proposition pour l’instant rejetée, Marine Tondelier, la cheffe des écologistes, qui a exprimé le souhait, face au risque que l'extrême droite arrive au pouvoir, qu’une primaire soit organisée pour désigner un candidat commun de la gauche mais apparemment sans L F I, le P S lui se demandant s'il serait possible de trouver ce candidat commmun sans primaire, 90 parlementaires et ministres, issus des partis Les Républicains (sic), Renaissance, Horizons et du MoDem qui ont appelé à une candidature unique de la droite (modérée) et du centre mais sans indiquer comment le candidat serait désigné, Édouard Philippe, pour l’instant selon les sondages le mieux placé après le R N pour se qualifier, ayant déclaré qu’il ne croyait pas à une primaire, le président des Républicains, Bruneau Retailleau, désigné candidat par les adhérents de son parti excluant ainsi une primaire avec le bloc central, qui a créé une réelle ambiguïté il y a quelque temps en disant que selon lui l’ « UNION DES DROITES » devait se faire dans les urnes, ambiguïté renforcée par le fait que son collègue Laurent Wauquiez, chef des Républicains à l’Assemblée, était lui favorable à une primaire ouverte allant du centre droit à Sarah Knafo du parti d'extrême droite « Reconquête » et comme ce dernier n’a pas été exclu du parti l’on se demande comment vont se comporter lors des prochaines élections les potentiels électeurs du parti L R hostiles à un rapprochement avec l’extrême droite. Ajouté à cela le R N qui rêve d'associer les électeurs de la droite classique à son parti et Gérald Darmanin qui a certainement eu l’idée la plus drôle en proposant une candidature unique allant de la gauche républicaine à la droite en passant par le centre.
Bref déjà beaucoup d’agitation, pour certains partis pour empêcher qu’un Président R N soit élu ou qu’il y ait un duel au second tour entre un candidat R N et Jean-Luc Mélenchon mais comme malgré tous les efforts il ne sera sans doute pas possible d'avoir un seul candidat de gauche modérée ou de droite modérée le problème se résoudra vraisemblablement grâce aux sondages qui, à condition qu’ils ne se trompent pas trop, permettront aux électeurs de voter, s’ils le souhaitent, pour le candidat en principe le mieux placé pour se qualifier pour le second tour de la présidentielle. Toutefois il sera aussi possible qu’un certain nombre d’électeurs théoriquement modérés se tournent finalement vers les candidats extrêmes, par exemple des sympathisants L R vers le candidat R N ou certains électeurs de gauche vers Jean-Luc Mélenchon si celui-ci obtient un bon score dans les intentions de vote et si, malgré le risque qu’il ferait courir s’il se qualifiait d'offrir une très facile victoire au R N, il maintenait sa candidature ce qui serait selon moi une attitude assez irresponsable.
En conclusion ce qu’il faut à mon avis retenir c’est que quel que soit le Président qui sera élu tout dépendra ensuite des résultats des législatives qui suivront et si aucune majorité même relative, c’est-à-dire permettant d’avoir un Premier ministre qui ne soit pas systématiquement censuré, ne peut être trouvée il faudra que les différents groupes s’accordent sur un certain nombre de points et si le candidat R N devenait le nouveau Président mais qu’il n’ait pas de majorité qu’ils unissent leurs forces pour qu’il ne puisse pas mettre en œuvre son programme, ceci bien sûr à condition que le fait d’avoir un Président d'extrême droite ne fasse pas naître trop de vocations de « collaborateurs » chez certains députés du bloc central et de la droite dite modérée.
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