Avril 2026

LA RETRAITE DE MONSIEUR ATTAL

Loin de moi de vouloir critiquer ou encenser Gabriel Attal qui jouera peut-être un rôle dans les prochaines années grâce à un certain dynamisme qui semble le caractériser mais il faut réaliser qu’avec son projet de réforme des retraites il a apparemment trouvé la solution pour se débarrasser du problématique âge de départ à la retraite qui ne cesse d’augmenter un peu partout en Europe parfois jusqu'à 70 ans et que la France a figé à 63 ans. En effet il souhaite remplacer l’âge légal de départ par la durée de cotisation qui, à partir d’un certain nombre de trimestres travaillés, permettrait de prendre ou non sa retraite en ayant connaissance du montant de sa pension qui serait attribuée à ce moment-là. Mais comme il y a peu de chances que le nombre minimum de trimestres travaillés corresponde à un montant de pension suffisant les intéressés seraient fortement incités à travailler quelques années de plus, souvent même au delà de 64 ans sauf bien sûr ceux n’étant plus en condition physique de le faire, avec la peur de s’arrêter trop tôt, puisque ce serait eux qui choisiraient (départ à la carte), et donc de ne pas avoir une pension suffisante. Il s’agit là d’une idée géniale qui permettrait de faire taire ceux qui sont opposés à un départ à la retraite à un âge avancé qui ne pourraient plus rien dire si l’âge moyen de départ augmente sensiblement car il s’agirait alors du choix des futurs retraités, idée qui globalement favoriserait l’allongement de la durée du travail.
Puisque ce serait le Système Universel de Retraite par points qui serait mis en place, système qui concernerait tout le monde (salariés, fonctionnaires, indépendants...), pour les salariés la retraite de base disparaitrait et seraient englobée, ainsi que les complémentaires, dans un seul et unique régime où les montants des pensions dépendraient du nombre de points acquis (Gabriel Attal préfère parler d’euros). Et s’il est soi-disant prévu que les points obtenus par exemple pendant les périodes de chômage soient un peu relevés il y a de fortes chances que ce nouveau système s’accompagne d’un appauvrissement de nombreux futurs retraités. En effet pour le calcul du montant des pensions de base du régime général l'on ne retenait jusqu'à présent que les 25 meilleures années alors qu'avec le système de la retraite à points c’est l’ensemble de la carrière qui serait prise en compte, y compris les mauvaises années, ce qui aurait comme conséquence, sans prendre le cas extrême d’une personne ayant eu une carrière chaotique, qu’une pension mensuelle de base par exemple de 1.400 euros baisserait pour ne plus représenter qu'environ 1.200 euros dans la pension de la retraite à points. Cela signifie donc que les futurs retraités devraient travailler plus longtemps pour rattraper cette perte. Certes la valeur du point serait fixée de telle manière que la nouvelle pension corresponde à l’ancienne mais cela serait valable uniquement pour les carrières sans ruptures et progressives car pour ceux ayant eu un certain nombre d’années d'emplois mal payés ou de chômage cela se traduirait par une BAISSE. Il serait bien sûr possible pour le calcul des pensions de la retraite par points de décider de ne retenir que les 25 ou 30 années où l’on a obtenu le plus de points mais il semblerait que dans un contexte où la volonté est de faire des économies sur le dos des retraités cette solution ne soit pas envisagée et c’est dommage dans la mesure où cela transforme la réforme de Gabriel Attal, déjà trompeuse avec la suppression de l’âge légal de départ, en quelque chose d’inacceptable. Et il est aussi à noter que le fait de comptabiliser toutes les périodes de la carrière aurait comme conséquences de « responsabiliser » les intéressés ou si l’on préfère les « contraindre » à s’intéresser à leur future retraite en les incitant à avoir le moins possible de périodes de chômage pour lesquelles le nombre de points acquis serait « limité » ou en les dissuadant par exemple, pour ne pas avoir des périodes sans emploi, d’entreprendre de longs voyages dans leur jeunesse.
Pour le reste Gabriel Attal souhaiterait aussi introduire une dose de retraite par capitalisation avec un don de l’État de 1.000 € à la naissance mais sans nous dire si celle-ci serait obligatoire, si elle serait accompagnée par une diminution des cotisations vieillesse et qui garantirait que les rentes versées ne pourraient pas baisser en cas de difficultés financières des sociétés gérant les dépôts.
Pour résumer un peu les choses la réforme de Gabriel Attal permettrait dans un pays comme la France où l’âge de départ à la retraite suscite de nombreux débats de faire oublier cet âge de départ et d’augmenter subtilement le nombre d’actifs qui travailleraient quelques années de plus. Et elle appauvrirait les futurs retraités qui à cause de la baisse des pensions devraient de surcroît travailler plus longtemps pour compenser cette diminution. Curieusement, peut-être suite à une opération médiatique de culpabilisation qui a été menée envers les retraités accusés de gagner trop, l’on assiste actuellement à une certaine capitulation des défenseurs des retraités, le syndicat CFDT par exemple étant favorable malgré ses défauts à la retraite par points, mais il faudrait peut-être que les actifs réalisent que trop s’attaquer aux retraites leur sera un jour préjudiciable quand ils seront à leur tour retraités.
Quelle que soit l’orientation politique du futur Président il est possible, si une majorité du moins relative est obtenue par le bloc central, que le projet de MONSIEUR ATTAL soit présenté et peut-être même adopté dans les années à venir mais il faut réaliser que s’il n’est pas modifié ce projet changerait principalement 2 choses : la première est qu’il inciterait les futurs retraités à travailler jusqu’à un âge avancé et la seconde est que le nouveau mode de calcul entraînerait une baisse non négligeable des pensions.

 
 
 
 
   
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