2022 – Semaine 50

France terre d’immigration

 


En matière d’immigration il est intéressant de constater que les Français qui ont pourtant en principe un niveau d’éducation assez satisfaisant ont du mal avec ce sujet. En effet en France l’on a principalement 2 tendances, celle qui consiste à rejeter toute immigration et celle acceptant d’accueillir tous les arrivants, la première concernant l’extrême droite et la seconde correspondant à une large frange politique allant de la NUPES au parti présidentiel Renaissance. Pour l’extrême droite c’est très simple c’est le zéro immigration et on a beau leur dire, leur prouver que la France, comme d’autres pays européens, a besoin et va avoir besoin de nouveaux arrivants à cause d’un taux de fécondité insuffisant, ne serait-ce que pour la bonne santé de son économie pour occuper des postes non pourvus, c’est toujours « non », l’extrême droite estimant que l’on peut se passer de l’immigration. Pour les autres, c’est-à-dire ceux qui pensent que l’immigration est une chose normale, il y a bien sûr des nuances mais ce qui les caractérise tous c’est que pour eux l’immigration est forcément celle des personnes qui se présentent qui doivent être d’autant plus accueillies qu’elles risquent souvent leur vie en traversant la Méditerranée. La future loi sur l’immigration souhaitée par Emmanuel Macron, soi-disant composée de fermeté et d’humanité, consistera, si elle se concrétise, à expulser quelques dizaines de délinquants (la « double peine ») et à favoriser l’accueil de dizaines de milliers de migrants qui seront régularisés s’ils acceptent d’exercer un « métier en tension » et l’on peut supposer qu’il y aura beaucoup de volontaires. Pour l’instant il semblerait que les régularisations ne seront valables que pendant la durée du contrat de travail mais il est fort probable que sous la pression des élus de gauche et des associations, qui ont déjà vivement critiqué cette anomalie, des titres de séjour pérennes finiront par être accordés à tout le monde. Quant aux « métiers en tension » il est à noter que de nombreuses interviews de chefs d’entreprises saluant cette initiative permettant à des étrangers en situation irrégulière d’occuper des emplois ne trouvant pas preneur ont été diffusées concomitamment à l’annonce de la future loi immigration comme pour convaincre qu'il s'agissait là d'une idée de génie.
Pourtant si cette loi, moyennant quelques ajustements, pourrait être acceptée par la NUPES il n’en demeure pas moins qu’elle ne prend absolument pas en compte le problème de l’origine des migrants qui, si l’on n’y prend garde, risque de modifier la composition de la population française avec un nombre d’étrangers provenant des mêmes régions devenant trop important. En effet en accueillant « ceux qui se présentent » l’on accueille souvent des personnes provenant des mêmes pays et si aucune limite n’est fixée ils vont être très nombreux ce qui pourrait, dans un contexte où l’extrême droite est particulièrement active, créer des sentiments de rejet. Le parti LR ou du moins une partie de ses membres aurait un projet de contrôle de l’immigration en instaurant des quotas par pays d’origine mais, outre le fait que ce projet semble être actuellement minoritaire, il présente l’inconvénient de nécessiter une modification de la Constitution ce qui n’est pas forcément une chose facile à réaliser. Nous allons donc pour longtemps encore devoir accueillir « ceux qui se présentent » c’est-à-dire toujours les mêmes alors qu’il serait possible de limiter cette immigration spontanée et d'accueillir des personnes venant d'autres régions du monde et même de lancer, comme le fait le Canada, des « appels » en matière d'immigration pour certains métiers nécessitant des qualifications particulières.
Les Français, quand on les interroge, auraient paraît-il peur de l’immigration et c’est sans doute pour cela que l’ARCOM (ex CSA), oubliant son rôle de régulateur, tolère qu'un grand nombre de personnes « non blanches » soient présentes par exemple dans les publicités TV bien au-delà de ce qu’elles représentent dans la société, pour ainsi habituer les Français à une modification de la composition de leur population. Ceci dit si l’on ne veut pas « diversifier » les origines des étrangers arrivant en France l’on risque non seulement de renforcer l’extrême droite mais aussi de contrarier l’intégration de nouvelles personnes dont notre économie, et c’est une certitude, a particulièrement besoin. Ajouté à cela que l’immigration que l’on pourrait qualifier de « naturelle » sera peut-être dans les prochaines années complétée par une immigration « climatique » et l’on comprendra qu’il serait peut-être temps que les Français commencent à réfléchir sérieusement à la question.

 
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